Le président d’honneur du ROPPA ,monsieur Cheikh Mouhamady CISSOKHO nommé membre de la task force de la CEDEAO

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE, a procédé ce vendredi 20 mai 2016 à l’installation de la Task Force de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur le schéma de libéralisation des échanges. Cette task force constituée d’une équipe de sept personnes dont le président d’honneur du Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’ouest (ROPPA), Monsieur Cheikh Mouhamady CISSOKHO a pour mission de travailler à l’avènement d’une véritable intégration économique dans l’espace CEDEAO

ROPPA : Le vendredi 20 mai 2016 vous avez été officiellement installé par le président du Faso comme membre représentant la société civile de la Task de la CEDEAO sur le schéma de libéralisation des échanges. Que pensez-vous de la libéralisation des libres échanges dans la région Ouest Africain et le schéma préconisé par la CEDEAO

Mamadou CISSOKHO : Il faut d’abord rappeler que La CEDEAO a été créée sur un certain nombre de principes. Le tout premier constitue la libre circulation des biens et des personnes, le droit pour ces personnes de s’installer dans un pays à travers notre intégration et de consolider la paix et la sécurité pour le développement. C’est cet ensemble qui régit la raison d’être de la CEDEAO. Ainsi depuis 40 ans, on est à la quête des voies et moyens pour réaliser cela. C’est dans ce cadre que le ROPPA a été très tôt impliqué dans le processus de l’intégration dans le task force. La participation du ROPPA dans les rencontres de haut niveau a fait de lui un riche mouvement d’organisations professionnelles et aussi d’ONG qui se proposent d’apporter une contribution dans la construction. C’est dans ce sens que la CEDEAO en voulant mettre en place un comité composé de « personnalités » pour accompagner le président de la commission et la commission dans le plaidoyer pour la mise en œuvre effective de la libéralisation nous a fait appel. Cela devient d’autant plus pertinent et urgent car la CEDEAO a décidé de mettre en place un tarif extérieur commun et un marché commun c’est-à-dire qu’il n’existera plus de barrière entre les pays et que ces derniers pourront circuler librement afin de développer le commerce et d’unifier les règles. Ceci constitue les éléments essentiels qui ont conduit à la mise en place de la task force afin de faciliter et améliorer la libre circulation des biens et des personnes.

ROPPA : Qu’est- ce que la Task force de la CEDEAO et quelle est sa durée d’exécution ?
Mamadou CISSOKHO : La task force a une durée de 4 ans et nous intervenons au niveau du commerce des douanes et mouvement des populations. Nos missions qui porteront sur le plaidoyer pour réaliser la libre circulation des biens et des personnes, nous serons assignées par le président de la commission.

ROPPA : Pourriez- vous nous expliquer le contenu de votre mission en tant que membre de la Task force de la CEDEAO ?
Mamadou CISSOKHO  : Je devrais travailler en collaboration avec les autres personnalités désignées mais surtout avec ma « famille ». Entendez par là les réseaux de la société civile que sont les paysans, les femmes, les ONG… Ma mission consistera tout d’abord à mobiliser cette famille dont certains membres sont déjà en réflexion sur le sujet. Je travaille déjà en collaboration avec Ken UKAOHA de la société civile du Nigeria qui devra nous apporter un soutien dans la mobilisation de notre « famille », dans la mise place d’une feuille de route car il est clair que rien ne pourra être réalisé sans cette dernière.

ROPPA : Quels sont les défis à celle-ci ?
Mamadou CISSOKHO
 : Les défis liés à cette mission, c’est d’abord l’instabilité de cette commission qui connait de nombreux problèmes et divergences de très haut niveau que le citoyen lamda n’appréhende pas mais que nous, nous arrivons à percevoir car la complexité des problèmes qui sont posés à la libre circulation dépasse la compréhension. A cet effet lorsque l’on observe sur un plan logique cela ne devrait pas se faire mais il ya eu beaucoup de tentatives qui n’ont toujours pas abouti. Nous pensons qu’au niveau de la commission il faudrait que les Etats s’engagent davantage car il ne faudrait pas émettre des déclarations fracassantes lors des rencontres sans pour autant ressentir l’effort des présidents individuellement dans leur pays se dire que la CEDEAO, cette région que nous avons voulu est incontournable, indispensable et nous y gagnons. Les parlements nationaux et les gouvernements de chaque pays ont un rôle fondamental à jouer pour que la CEDEAO soit leur instrument car c’est à partir de là que les règlements de la CEDEAO vont être appliqués et cela se révèle être obligatoire car il ne faudrait pas uniquement se référer à la réunion des ministres à Abuja car ce ne serait pas suffisant. La société civile doit pousser en menant des actions de mobilisation, d’information au niveau de chaque pays pour la libre circulation des biens et des personnes. Il faudrait que dans les zones frontalières on puisse mobiliser les élus territoriaux afin que les populations acceptent de jouer pour défendre leurs droits. Cela constitue des actions très complexes et très politiques. La question qui se pose c’est comment parvenir à le faire dans la neutralité la plus absolue. La libre circulation se fait déjà mais à un coût exorbitant et aussi les frontières sont poreuses. Je pense que dès la création de la CEDEAO, il aurait fallu implanter les rails afin de permettre une plus grande fluidité de la circulation des biens en réduisant leur contrôle.

ROPPA : Comment comptez-vous procéder pour honorer votre mission ?
Mamadou CISSOKHO
 : Je participe à ce task force en tant que président d’honneur et mon objectif est de mobiliser ma « famille ». Nous avons déjà mis en place un cadre de la société civile rurale et il existe un mouvement permanent de nos membres et nous devrons saisir cette opportunité pour être dynamique et créer un observatoire qui va recevoir des informations qui proviennent de nomades de partout.
ROPPA :Quels sont les enjeux que recouvre cette mission pour le ROPPA et les Plateformes Nationales ?
Mamadou CISSOKHO
 : La libre circulation des biens et des personnes c’est toute notre vie. Nous avons besoin de marché. Il existe un marché commun. Si les paysans de Bobo ont une surproduction de maïs et qu’au Niger il existe un déficit, ce serait bénéfique que cette surproduction transite vers le Niger sans difficultés. Il en de même entre le Burkina et le Ghana et autres. Autant il est important d’augmenter la production et la qualité des produits, autant il est important de nous occuper de la libre circulation car cela fait partie du marché. Nous devrons nous concerter avec les paysans pour qu’on se mette d’accord sur le mécanisme le plus efficace car c’est surtout notre affaire et pas uniquement celle des Etats car nous sommes les principaux concernés et nous devrons pouvoir circuler librement tout en garder à l’esprit l’auto contrôle.

ROPPA : Selon vous que doit être le rôle de la société civile que vous représentez dans cette task force ?
Mamadou CISSOKHO
 : En parlant de société civile, il faut savoir qu’il ya d’abord la famille socio professionnelle et après la grande famille société civile. Il y a déjà des ONG qui ont une expérience sur ce sujet et nous allons en profiter. Nous devrons organiser des cadres de concertation avec cette société civile afin de pouvoir définir ensemble un mécanisme qui devrait être à mesure de faciliter la libre circulation des biens et des personnes.

ROPPA : Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la CEDEAO et des états en ce qui concerne le schéma de la libéralisation des échanges en Afrique de l’Ouest ?
Mamadou CISSOKHO
 : Je n’ai pas beaucoup d’attentes de ce côté. L’enjeu pour nous est que nous puissions mettre cela régulièrement sur l’agenda. Nous devrions à chaque réunion de ministres ou de chefs d’Etats, montrer que c’est une préoccupation et insister sur les niveaux d’évolution et leur mettre permanemment la pression. La libre de circulation peut aussi être un moyen de réguler ou de coincer parce que lorsqu’il s’agit de marchandises les gens seront plus regardant et pourront par là même dénoncer des choses pas clairs. Je pense qu’il n’ya pas de libre circulation sans paix et sécurité et vice versa. Les deux vont de pair. Les Etats devraient être bousculés afin qu’ils sachent que cela constitue la demande sociale des populations et qu’ils y tiennent.
ROPPA : Votre dernier mot
Mamadou CISSOKHO
 : Il faudrait que le ROPPA soit conscient de la responsabilité et de l’opportunité qu’elle a pour compléter sa grande marche au profit de l’intégration et pour le bien-être de ses membres.

Les membres de la Task force
-*Djibo SALOU, ancien chef d’Etat du Niger, et général de corps d’armée. Il est le président en raison de son expérience au plus haut niveau dans la gestion des affaires publiques et surtout au regard de sa connaissance des questions sécuritaires en relation avec la libre circulation des marchandises et des personnes
-*Cheikh Mouhamady CISSOKO dit Mamadou, président d’honneur du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA). Il représente la société civile.
-*Félix BAMOUNI, ancien contrôleur général de police au Burkina Faso. Il pourra faire profiter la TF/SLE de ses connaissances relatives aux pratiques et procédures policières pour améliorer le travail de cette structure
- *Ousseine DIALLO, actuellement secrétaire général de la Fédération des organisations patronales d’Afrique de l’Ouest (FOPAO). Sa connaissance du secteur privé régional et des difficultés que celui-ci rencontre pour faire circuler les marchandises sur les différents corridors de l’espace CEDEAO sera d’une grande utilité à la Task force.
-*Julien NWAGWU et Ed Richard Kumah LANYON, anciens directeurs généraux des douanes à la retraite de leurs pays respectifs que sont le Nigéria et le Ghana. Leurs connaissances et leurs pratiques sur les questions douanières dans leurs pays constituent un atout pour la Task force

-*Ken UKAOHA, président national association of nigerian traders (NANTS). De nationalité nigériane, l’expérience de cet avocat de profession et son expertise dans la promotion du commerce infrarégional renforceront le travail de la Task force

Photo de famille des membres de la commission de la task force et SEM le président du Faso

Ci-joint le discours d’installation de président du Faso

Propos recueillis par Fatimata KONE
Chargée de communication et de gestion des connaissances du ROPPA
Ouagadougou, le 23 Mai 2016


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