AUX ARMES CITOYENS, NOUS SOMMES ENVAHIS… Halte à la migration !

Partir d’un lieu à un autre lieu constitue la base même de la création de l’humanité. Les hommes se sont toujours déplacés pour de multiples raisons et cet état de fait est à l’origine de la construction des sociétés humaines.
A l’état sauvage, les humains se déplaçaient à la recherche d’eau et de fruits pour se nourrir, mais aussi pour fuir les animaux féroces et ainsi préserver leur vie. Ils bougeaient pour survivre.
A la découverte des premiers objets, ce fut la première étape de l’évolution vers notre race. Alors, les hommes bougeaient pour organiser leur alimentation (chasse, pêche, cueillette) mais également pour se protéger contre leurs rivalités internes.
A la découverte du feu et du fer, commence l’ère des constructions et une meilleure structuration des lieux de vie. Les hommes ne restaient plus à l’air libre et les convoitises d’occupation d’espaces commençaient à se développer. Toutefois, dans toutes les évolutions les trois préoccupations restent constantes : l’alimentation, la préservation de la vie et la capacité de se reproduire.
Avec la découverte et le développement de l’écriture et des premières sciences astronomiques, géographiques, etc., on est passé à une ère de construction de moyens de locomotion, d’abord fluviaux, puis routiers avec les charrettes, etc. et surtout à une ère de curiosité qui s’est matérialisée par des processus de découvertes toujours plus lointaines. Cette ère a également été celle du développement du commerce et des instruments d’échanges comme la monnaie, etc.
L’évolution de notre planète s’est faite sur la base de la raison du plus fort. Les vaincus ou les plus faibles cherchant toujours à s’éloigner le plus pour ne pas disparaître. Ainsi, une partie du monde appelée Europe s’est donné la permission de découvrir le reste du monde et sans se référer à aucune institution, ce qui n’existait pas d’ailleurs. Dans cette fougue, les Européens sont arrivés chez des gens par pure curiosité au départ, puis ont développé des stratégies d’appropriation des espaces découverts ainsi que les contenus y afférents. Et en conclusion, ils ont décrété leurs droits de propriété, à l’exemple du Zaïre, propriété du Roi Léopold 2.
Peuples d’écriture ils nous ont légué des manuscrits historiques dans lesquels ils ont confirmé avoir trouvé des personnes soi-disant « sans âme », ils ont ramassé tout ce [ou ceux ?] qu’ils ont trouvé et les ont vendus à leur guise. Ils ont créé des règles entre eux les occupants pour gérer les occupés. Ils ont développé leur culture en niant celles qu’ils ont trouvées sur place, ont appris leur langue aux occupés, etc. Et ceci jusqu’à la première guerre mondiale, pendant laquelle ils les ont mobilisés pour défendre leur liberté qu’ils ont volontairement déréglée car ce sont eux qui se sont déclarés la guerre. Après, la deuxième Guerre mondiale est survenue et le même scénario se répète. Et à la fin de la guerre, ils élaborent la Charte des Nations unies, qui n’est autre que la Charte des occupants du monde et en corollaire les « soi-disant » lois internationales pour la circulation, etc.
En citoyen ignorant, je peux dire que tout cela ne me regarde pas parce que je n’étais pas concerné, car tout ce qui n’est pas fait avec moi dans ma liberté, je considère qu’on me l’impose.
De la déclaration de la Charte des Nations-Unies jusqu’à l’indépendance des pays africains, l’apartheid en Afrique du Sud a été toléré dans le droit international et n’a jamais été reconnu comme une occupation des espaces et des ressources par d’autres peuples.
Depuis maintenant trois décennies, le sujet revient. C’est comme si on prend un dragon au milieu de son corps, loin de la tête et de la queue. Tout le monde le prend du bout dont il est, développe ses analyses et formule ses propositions.
Revenons à notre analyse. C’est vrai, la colonisation a été officiellement arrêtée. Les pays nouvellement indépendants sont politiquement souverains. La signature de chacun d’eux est égale à celle des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne, etc. Mais à côté de l’Assemblée générale des Nations-Unies il y’a quatre pays qui constituent le Conseil de Sécurité ! L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui a été négociée entre les Etats européens, à la suite de l’Uruguay Round est la seule institution internationale à avoir un tribunal international !
Les citoyennes et citoyens qui font le gros des troupes candidates à l’émigration viennent des continents qui ont été violés, humiliés, pillés par la force et maintenant par des accords internationaux. Les ressources de ces Etats continuent d’être détournées dans des banques et institutions de financement des pays qui s’insurgent contre l’immigration clandestine. Pour exemple, le Gouvernement d’Obama avait menacé de sanctions tous les pays qui refuseraient de donner des informations sur les comptes bancaires dans leur pays ! Quel est le pays africain qui pourrait demander la réciprocité aux Etats-Unis ?
Le monopole des industries d’extraction, de la définition des normes et de la gestion des armements destructifs sont quelque part dans le monde dominés par on ne sait qui et gérés par on ne sait qui ? La situation de la soi-disant « démocratie » dans le monde a la forme du caméléon dont la spécificité est de prendre à chaque fois la couleur de son environnement. La fierté des anciens conquérants c’est de défendre la globalisation. Elle est réelle et elle se gère par tout le monde et partout dans le monde.
Dans tout cela, quelles sont nos responsabilités, décideurs, leaders et responsables à tous les niveaux, citoyens avertis, experts, dirigeants d’institutions, intellectuels, etc. ? Le moment est arrivé de voir la réalité en face. Le développement est la responsabilité de chaque pays, de chaque région et de chaque continent. Il se réalise sur quelques grands facteurs : les capacités d’analyse, de définition et d’orientation des politiques, les mécanismes d’implication inclusive de l’ensemble des parties prenantes, la mobilisation des financements internes, des règles rigoureuses de contrôle, de suivi et d’évaluation, etc. Qu’en est-il de tout cela aujourd’hui en Afrique, chez nous ?
La Commission de l’Union Africaine en charge du suivie de la corruption, nous a informé en 2015 que 50 milliards de dollars partent annuellement hors des circuits normaux. 70% de nos experts et cadres ne retournent pas chez nous et mieux ils sont les chevilles ouvrières des institutions extra continentales qui gèrent nos ressources au profit de leur développement.
Si ces constats ne changent pas nous dépendrons toujours de la volonté des autres qui utilisent légalement les ressources que nous avons illégalement exportées chez eux. Ainsi, nous créons et perpétuons le désespoir dont se nourrit notre jeunesse pour aller dans l’aventure périlleuse de la migration. L’un dans l’autre, soyons sereins et humbles mais surtout co-responsables en évitant de rêver que des mesures juridiques ou militaires empêcheront ce désastre humain.
Travaillons ensemble pour la répartition des richesses et du bien-être partout et chez tout le monde. La force d’un pauvre, c’est qu’il ne perd rien parce qu’il n’a rien à perdre.
Un conte africain nous enseigne qu’à la fin de la création du Monde, avant le démarrage, Dieu appela tous les animaux de la Terre pour leur expliquer qu’il va répartir les responsabilités pour un bon fonctionnement de l’ensemble. Il procéda à la répartition de la gestion de l’eau, du vent, du soleil, etc. Après une longue liste arrive l’attribution de la responsabilité du déplacement (la marche et la fuite). Alors, l’hyène opposa un refus net en argumentant que cette responsabilité on doit la laisser au libre arbitre de tout un chacun car c’est uniquement selon des circonstances particulières qu’elle doit être exercée et sans demander d’autorisation car c’est une question de survie ! Après une longue discussion, Dieu dit qu’il a raison et décida de ne donner cette responsabilité à qui que ce soit et de laisser chacun être libre arbitre de l’usage de cette responsabilité !
Ce que Dieu lui-même n’a pas cherché à gérer, ne cherchons pas à le gérer à sa place !
A toute et tous ceux qui ont pris ou prendront une minute pour lire ce papier, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2018.
En lieu et place des armes, prenons la solidarité !
Mamadou Cissokho
Paysan/fermier à Bamba Thialène,
Koumpentoum, Tambacounda
(République du Sénégal)
souso.sora@gmail.com


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