PROJET PAEPARD

Contexte
Le projet « African-European Partnership on Agricultural Research for Development (PAEPARD) » est un projet européen mis en œuvre par un consortium de huit partenaires africains et européens. Le consortium africain de PAEPARD est coordonné par le « Forum for Agricultural Research in Africa » (FARA) et le consortium européen par l’« European Forum for Agricultural Research for Development (EFARD) » PAEPARD a pour but de construire un partenariat multi acteurs entre l’Europe et l’Afrique en Recherche Agricole pour le Développement (ARD) afin de contribuer aux objectifs du Millénaire (ODM). Plus spécifiquement le projet vise une collaboration élargie plus équitable, mutuellement bénéfique et guidée par la demande dans l’objectif d’atteindre les ODM. Les principaux bénéficiaires du projet sont les acteurs européens et africains de la RAD incluant les membres du FARA et d’EFARD qui seront mieux organisés, coordonnés et mis en capacité de participer aux programmes de recherche grâce à des mécanismes de partenariat plus efficients.
Le projet est structuré en sept volets (workpackages) complémentaires : (1) mobiliser les acteurs européens ; (2) mobiliser les acteurs africains notamment en dehors de la recherche ; (3) information et communication ; (4) augmentation des capacités ; (5) partenariat pour l’innovation ; (6) plaidoyers, et (7) gestion du projet et coordination. Chaque volet est dirigé par un leader et un co leader combinant des organisations africaines et européennes (Annex 1)
PAEPARD a commissionné deux consultants, un africain et un européen, afin de développer un guide méthodologique pour le montage de partenariats innovants entre les acteurs africains et européens d’une part, et recherche et non recherche, d’autre part. L’objectif du guide est de clarifier les concepts de partenariats multi acteurs innovants entre l’Afrique et l’Europe, de définir les principes et les méthodes pour le montage de partenariats équitables. Il devra également proposer des mécanismes pour faciliter les partenariats construits sur un engagement à long terme des acteurs et les voies et méthodes pour mettre ces principes en pratique.

Clarification des concepts clés
La littérature donne des définitions variées des concepts-clés de PAEPARD. Le travail réalisé vise à clarifier ces concepts en fonction des objectifs de PAEPARD notamment en rendant plus explicite la notion de partenariats innovants pour l innovation rurale ; les montages pluri acteurs pour la RAD ; la recherche pilotée par la demande et la facilitation des montages pluri acteurs
La recherche agricole pour le développement (RAD) est une recherche qui intègre les actions de toutes les parties prenantes intervenant dans la chaine de valeurs d’un produit, de la production à la consommation, et inclue les services de conseils et de régulation. La RDA considère que l’innovation et les changements sont les résultats d’un échange interactif de connaissances, d’expériences et de technologies entre les différents acteurs de la filière.
Le concept pluri acteur fait référence aux groupes, organisations et réseaux représentant la société civile et le secteur productif et travaillant sur une question d’intérêt commun. Dans le cas de PAEPARD la question d’intérêt commun se réfère aux innovations de la RAD pour l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs africains.
Le partenariat est une alliance (collaboration) entre organisations représentant au moins deux secteurs qui s’engagent à travailler ensemble pour mettre en œuvre une recherche durable pour le développement. Cette collaboration implique le partage des risques et des bénéfices et la révision des termes du partenariat si nécessaire.
Partenariat innovant pour l’innovation : l’innovation est la mise en œuvre d’une nouveauté (idée, technologie ou processus) d’une manière novatrice afin de produire des bénéfices sociaux et économiques aux acteurs engagés et, plus largement, à la société. L’innovation est le résultat d’un processus de mise en réseau et d’apprentissage interactif entre acteurs hétérogènes. Le partenariat d’innovation rassemble divers talents et expertises complémentaires accélérant le co apprentissage et le développement de la créativité. L’innovation partenariale est reflétée par la capacité d’adaptation du partenariat en particulier par rapport à des orientations stratégiques sur des questions d’intérêt commun présents et futurs.
Recherche pilotée par la demande signifie que la recherche est relative à des besoins exprimés pour les utilisateurs de la recherche qui peuvent être issus des secteurs publics, de la société civile ou du travail.
La facilitation du partenariat : un “facilitateur” est un facteur qui assure une interface entre les « bons » partenaires relatifs à une question d’intérêt commun et gère harmonieusement la collaboration afin d’atteindre des objectifs définis collectivement.
En résumé, PAEPARD est une collaboration pour la construction de capacités visant l’autonomie (empowerment) des acteurs hors recherche en améliorant l’équité du partenariat et renforçant l’engagement des acteurs dans l’objectif d’améliorer l’impact de la RAD. L’engagement des acteurs africains et européens est le mécanisme majeur est du renforcement des capacités. Ce dernier est basé sur un co apprentissage dans un cadre qui est celui de l’amélioration de l’impact de la RAD.
Le partenariat est un processus comprenant différentes phases et étapes. Les partenariats sont organiques, ils se révèlent, s’épanouissent, s’achèvent ou se transforment à travers des process d’évaluation interne, de leur pertinence et de leur intérêts en termes de bénéfice. PAEPARD vise l’engagement des acteurs à l’extérieur de la recherche dans le but de la lier davantage à la demande. Deux processus d’établissement du partenariat à long terme sont proposés : un processus accéléré (fast-track) et proactif et un processus basé sur la réactivité aux opportunités. Le premier (fast -track) accorde plus d’espace aux acteurs hors la recherche et engage cette dernière à s’articuler sur leur demandes et le second réagit aux opportunités et au pas de temps des appels d’offre de la RAD.
Le processus de mise en œuvre des deux options est similaire, il est constitué par trois phases : exploration, construction et maintien du partenariat. La différence principale entre les deux se situe au niveau de la façon de déterminer l’objectif de recherche et développement : dans la première option cet objectif découle de la négociation entre partenaires et dans le second, la définition de l’objectif est basé sur un partenariat existant ou une opportunité de financement.

Les principes d’un partenariat réussi

Pour la gestion d’un partenariat équitable et équilibré incluant des acteurs et parties prenantes issus de la recherche et à l’extérieur de celle-ci , neuf principes générique sont proposés :
1. Un partenariat pluri-acteur doit être inclusif et porté par une proposition concrète guidée par un objectif spécifique mais des questions transversales
2. Un processus pluri-acteur doit assurer que tous les acteurs légitimes sont impliqués
3. Un groupe d’intérêt africain devrait préparer son propre environnement interne afin d’engager les contre parties européennes dans un partenariat équitable et stratégique
4. Un partenariat équilibré est basé sur la négociation et conçu en collaboration
5. Un partenariat est réussi quant il reconnait et utilise des compétences complémentaires
6. Les partenaires reconnaissent et apprécient leur différences culturelles et adaptent leurs comportements de manière à concevoir les actions dans un environnement multi-culturel
7. Le partage de l’information, des pratiques et le co apprentissage sont les éléments déterminant de la construction partenariale
8. Un partenariat réussi doit donner un sens à l’appropriation collective et mettre en place un système de suivi et évaluation participatifs du partenariat sont
9. Un partenariat est réussi lorsque les capacités de tous les partenaires sont augmentées Augmenter pour être en mesure de coopérer et d’agir selon les rôles et responsabilités de chacun

Mettre les principes en pratique, gérer et faciliter les partenariats
Ces nouveaux principes visant à rassembler les parties prenantes africaines et européennes de la recherche agricole et extérieurs à celle-ci, doivent orienter la construction d’un partenariat efficace entre l’Afrique et l’Europe et sa mise en œuvre effective pour le développement en Afrique. Par conséquent pour suivre les principes du nouveau paradigme de la recherche intégrée et orientée vers le développement humain, un modèle pour l’innovation en partenariat doit être capable de gérer la complexité liée aux interactions entre les domaines bio physique, humain et socio-économique et leurs dynamiques dans le contexte réel.
La gestion de la complexité et de la diversité justifie la construction de partenariats pluri-acteurs qui sont la condition nécessaire à la mise en œuvre de méthodes pluridisciplinaire et multi-échelle. L’approche proposée s’inspire des théories du développement local qui proposent une série d’outils et de méthodes basés sur la proximité afin de construire et organiser un système fondé sur l’éducation au sens large. Le développement multiforme de capacités proposé implique un engagement collectif des acteurs dans une vision commune du l’avenir et une gouvernance décentralisée et équitable. Ce qui est visé par l’augmentation collective des compétences est la capacité à s’adapter, l’autonomie et l’augmentation de la contribution citoyenne des acteurs locaux à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques
Les méthodes dérivées de l’« apprentissage chemin faisant » (‘learning by doing’) sont recommandées afin de construire un partenariat efficace et solide basé sur des actions tangibles. Le système proposé vise un renforcement global des compétences et prévoit de cibler des individus, des jeunes, de la diaspora, de la société civile de préférence, pour assurer le rôle de « facilitateurs ». Ces personnes auront un rôle central à jouer afin de garantir l’interaction entre les communautés locales et les acteurs extérieurs. Pour certains groupes focaux d’acteurs comme les groupements de femmes, de la société civile et du secteur privé, des processus accélérés de montage de partenariat etbasé sur des questions commerciales orientées sur le marché ou des soumissions à des appels à projet européens ou autres, sont proposés.
Comme les systèmes d’innovation sont des dynamiques répondant à des facteurs internes ou externes, un cadre générique et rigide n’est pas souhaitable pour améliorer les impacts de l’innovation. Nous suggérons donc de mettre en œuvre une méthode basée sur l’analyse des initiatives existantes (Cases Studies) pour hiérarchiser les questions à promouvoir grâce à l’appui méthodologique et financier de PAEPARD. Le modèle prévoit une gestion innovante des connaissances reconnaissant les savoirs et savoir-faire locaux au même titre que les résultats scientifiques afin de fournir des outils d’information et de communication variés et adaptés. Cela suppose de développer des outils alternatifs répondant aux besoins spécifiques, par exemple pour les groupements de femmes productrices ou engagées dans le commerce de produits alimentaires qui sont souvent illettrées.
Un protocole d’actions en trois phases est proposé :
Phase 1 : Cartographie du partenariat et mobilisation
Cette phase vise à sélectionner des situations représentatives afin de cartographier les partenariats. Le choix de ces cas d’études s’appuiera sur les réseaux des partenaires de PAEPARD. Le projet PAEPARD devra s’assurer que les profils des parties prenantes soient représentatifs des acteurs de la une situation considérée
Phase 2 : construction du partenariat et engagement des acteurs
Le processus de construction multiforme de capacités commence à cette phase lorsqu’une vision commune commence à émerger. Cette étape devrait permettre d’intensifier les échanges entre les acteurs de la recherche et les acteurs extérieurs à celle-ci ainsi qu’entre acteurs locaux et acteurs opérant à d’autres échelles (media, décideurs politiques etc.). Il devrait permettre également d’identifier les individus qui pourraient jouer le rôle de facilitation et de médiation. A ce stade un processus sur le long terme et processus accéléré de montage de partenariat peuvent être envisagés afin de répondre aux appels à projets européen ou autres.
Phase3 : Actions pour une construction de capacité multiforme
Cette phase vise à reconnaitre, améliorer et créer diverses formes d’éducation, d’amélioration des capacités, d’acquisition de connaissances et d expertises. Les methodes mises en œuvre reposeront sur le dialogue, l’échange de connaissances et l’apprentissage collectifs. Les ressources et références seront issues d’analyses concrètes et des acquis des phases précédentes.


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